![]() |
![]() |
![]() |
|
Atteinte de l’audition dans l’Ostéogenèse Imparfaite
lundi 8 octobre 2007
par Nadine Atteinte de l’audition dans l’Ostéogenèse Imparfaite P. CORLIEU, A. JAFARI - ORL, Hôpital Cochin, Université Paris Descartes Rappels Une perte auditive est caractérisée par la fréquence des sons concernés (graves, moyens, aigus) exprimés en Hertz (Hz) et par leur intensité exprimée en décibels (dB).
Chez un patient se plaignant d’une baisse de l’audition, l’oto-rhino-laryngologiste, après avoir interrogé le patient sur les détails de survenue de cette hypoacousie, examine donc d’abord l’aspect du conduit auditif externe et du tympan. Il va ensuite réaliser quelques tests à l’aide d’un diapason ; cela va lui donner une première orientation sur le type de surdité : transmission ou perception.
Hypoacousie et Ostéogenèse Imparfaite Dans l’OI, l’hypoacousie concerne environ la moitié des patients et parmi eux, la moitié présente une hypoacousie de transmission et l’autre moitié une hypoacousie de perception.
Les acouphènes, qu’il s’agisse de bourdonnements ou de sifflements, ne sont pas des signes précurseurs d’hypoacousie. En effet, s’ils peuvent accompagner un déficit auditif, ils peuvent également se produire de manière tout à fait isolée. Le bilan audiométrique initial ayant révélé une hypoacousie, il importe de déterminer s’il s’agit d’une hypoacousie de transmission ou de perception.
Hypoacousie de perception En cas d’hypoacousie de perception gênante, c’est-à-dire avec une perte auditive de 30 dB ou plus, on propose au patient le port d’une ou deux prothèses auditives. Une surveillance ultérieure de l’audition reste nécessaire avec un bilan audiométrique annuel. Hypoacousie de transmission Dans l’O.I., les hypoacousies de transmission sont le plus souvent dues à un blocage progressif de l’étrier qui ne transmet plus suffisamment les vibrations sonores à l’oreille interne. Ce blocage de l’étrier ressemble beaucoup à l’otospongiose, maladie héréditaire fréquente qui provoque des surdités de transmission progressives. Cette analogie entre les mécanismes physio-pathologiques de l’otospongiose et de l’O.I. est importante car elle débouche sur le même type de technique chirurgicale pour remplacer l’étrier bloqué. Le blocage de l’étrier encore nommé ankylose stapédienne (stapes = étrier) est progressif, uni ou bilatéral. La dégradation auditive évolue sur plusieurs années. Habituellement on ne décide l’intervention chirurgicale sur l’oreille la plus basse que si le seuil de perte auditive est supérieur ou égal à 30 dB.
Intervention chirurgicale L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou locale pour certains opérateurs. Elle consiste en passant par le conduit auditif externe à décoller une partie du tympan et à remplacer l’étrier par une prothèse inerte en téflon ou en métal puis à remettre en place le tympan. Une extrémité de la prothèse est accrochée à l’enclume et l’autre vient transmettre les vibrations sonores aux liquides de l’oreille interne. Il s’agit d’une intervention brève d’une demi-heure à une heure et d’une hospitalisation courte. La technique chirurgicale et les résultats sont comparables à ceux de l’otospongiose. Les cohortes de patients sont peu importantes dans l’O.I. et les statistiques moins fiables que pour l’otospongiose, mais dans l’otospongiose la plupart des auteurs estiment que les résultats sont de l’ordre de 90% de bonne récupération auditive, 8 à 9% de résultats moyens et que le risque d’aggravation de l’audition est de l’ordre de 1%. Cette intervention chirurgicale peut entraîner des vertiges ou des troubles de l’équilibre dans les premiers jours, habituellement rapidement résolutifs.
Évolution de l’audition Certains patients opérés ont une stabilisation de leur audition alors que d’autres patients opérés ont une dégradation de l’audition qui suit l’évolution spontanée des patients non opérés, c’est-à-dire une détérioration du seuil auditif conversationnel d’environ 1 dB par an en moyenne et de l’ordre de 1,7 dB par an pour les fréquences aiguës. Ces chiffres représentent la moyenne, la détérioration peut être plus importante pour certains. Y a-t-il des facteurs aggravant cette évolution auditive chez les patients atteints d’O.I. ? Les voyages en avion et les séjours en altitude n’interfèrent pas. La pratique de la natation et le port de bouchons d’oreille n’influent pas non plus. Chez les patients non opérés, la pratique de la plongée sous-marine selon les règles de sécurité et de prudence habituelle à ce sport ne devrait pas avoir d’influence. Par contre, l´exposition à des traumatismes sonores, musicaux ou autres a un rôle aggravant sur l’audition en entraînant des lésions des cellules de l’oreille interne. Ces traumas sonores n’influent pas directement sur le blocage de l’étrier, mais créent des dommages qui s’additionnent aux atteintes spécifiques de l’O.I.. Il est recommandé d’utiliser des protections auditives dans le maniement des outils très sonores (bricolage, jardinage …). Bibliographie :
Articles de cette rubrique
|
|