Il n’y a pas que des personnes avec OI à la recherche d’un conseil au sujet de leurs problèmes physiques qui s’adressent à l’OIFE. Il y a quelques années, un jeune Syrien de Damas nous avait contacté et avait demandé de l’aide, car à l’occasion d’une « visite » de la police syrienne, il avait été tellement brutalisé, blessé et effrayé qu’il ne pouvait plus rester dans son pays. Il nous demandait des conseils sur où aller et comment arriver dans un pays europphoto-qusaiéen avec une possibilité de soins médicaux spécialisés pour l’OI.

A ce moment-là, il a fui vers la Turquie, ses sœurs vivant à Istanbul, et tenté de trouver un chemin vers un lieu sûr depuis ce pays.

Nous n’avions alors pas pu l’aider. Quand il nous a à nouveau contactés au printemps 2015, nous avons au moins été en mesure de le mettre en contact avec le Haut Commissariat aux Réfugiés en Turquie. Au fil des mois, sa situation est devenue de plus en plus désespérée. Les contacts téléphoniques avec le HCR ont été vains, et Qusai ne pouvait plus attendre. Il a trouvé un autre jeune homme qui voulait lui aussi essayer de fuir, cela juste avant l’hiver, et a envoyé un email à ses amis : « je suis en route ».

Deux jours après, nous avons reçu de ses nouvelles par l’intermédiaire d’un des nombreux amis de Qusai (une Canadienne) : Qusai, son compagnon de route et son assistant Ahmed avaient survécu à la nuit en bateau entre la Turquie et la Grèce, ils avaient échoué sur une île grecque et se dirigeaient à présent vers Athènes en ferry.

Le lendemain matin, ils arrivaient à Athènes – sans fauteuil roulant, sans vêtements chauds et grelottants de froid, mais vivants. Le compagnon de Qusai a désespérément cherché quelqu’un qui puisse prendre en charge Qusai au port d’Athènes avec un fauteuil roulant, lui permettre de voir un médecin et être amené en lieu sûr. Le but de Qusai était de poursuivre ensuite son voyage à travers la Macédoine, la Serbie et beaucoup d’autres pays pour atteindre les Pays Bas, où ses cousins vivaient depuis quelques mois déjà.

Après un email à nos trois contacts en Grèce, il y a eu plusieurs bonnes nouvelles. Notre amie Katerina Kavalidou, fondatrice de la petite association grecque de l’OI et psychologue, a trouvé en l’espace d’une nuit des volontaires travaillant avec les migrants en Grèce. L’un d’eux, jeune médecin, s’est rendu au port d’Athènes dès le lendemain matin. Il a trouvé Qusai et Ahmed au bout de quelques heures.

Qusai avait trois nouvelles fractures de son aventureuse fuite en bateau, il avait perdu ses lunettes et s’était presque noyé dans l’eau glacée, mais il était en vie. Il a pu être rapidement pris en charge dans deux hôpitaux puis transféré dans un camp de réfugiés en Grèce. Il a attendu plusieurs semaines l’autorisation d’être évacué vers Amsterdam, soutenu par près de 7000 personnes à travers une pétition en ligne. Au camp, grâce à l’aide de volontaires grecs, il a pu avoir un fauteuil roulant et de nouvelles lunettes, un toilette adapté lui a été fourni et une rampe a été construite afin qu’il puisse accéder au conteneur dans lequel il vivait.

Katerina en Grèce, mais aussi de nombreux amis OI en Allemagne, au Canada et aux Pays Bas, ainsi que des représentants d’EURORDIS à Paris ont soutenu sa demande urgente de transfert auprès de sa famille aux Pays Bas.

Finalement, en février 2016, Qusai a obtenu l’autorisation de rejoindre les Pays Bas. Il a pu y être accueilli

et pris en charge, et y trouver les soins et la sécurité dont il avait besoin. Il est très heureux et reconnaissant envers tous ceux qui l’ont soutenu, et s’attèle désormais à l’apprentissage du néerlandais…

Ute Wallentin, socialnetwork@oife.org

Pour en savoir plus : http://bit.ly/qusraf – ou adresse de Qusai: koosycool6@yahoo.com

Réalisation : RB Solutions Informatiques

WP-Backgrounds by InoPlugs Web Design and Juwelier Schönmann

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?